La perte d’un enfant est toujours une affaire tragique. La douleur incommensurable des parents n’a souvent d’égal que le sentiment d’injustice entourant un tel drame. Mais il faut veiller à ne pas ajouter le sensationnalisme à la tristesse, à ne pas généraliser un abominable fait divers.

Un enfant est mort en colonie de vacances dans des circonstances qui ne s’éclaircissent guère malgré le temps qui passe et l’importante couverture médiatique. Ingestion d’eau non potable nous dit-on. Volontaire ou fortuite, régulière ou ponctuelle, nous n’en savons rien. Seule une enquête complète et approfondie permettra d’établir les faits précis à l’origine de ce décès (et des nombreux autres malaises).

Si des responsabilités doivent être établies, il faudra qu’elles le soient. Mais ni plus ni moins. Il ne faudra pas vouloir légiférer une énième fois sur un fait divers rarissime (à quand remonte le dernier accident similaire ?). Il ne faudra pas non plus oublier que le cadre des séjours de vacances pour enfants est bien plus sécurisé que celui de la famille. Les accidents domestiques sont à l’origine de la mort de près de 200 enfants par an, là où les drames en colo se comptent sur les doigts d’une main. Mais qui rappelle ces chiffres ?

Pourquoi alors une telle mise en avant de cette affaire ? Peut-être parce que le rythme médiatique change en été quand l’actualité se raréfie. Mais loin de s’emparer d’un véritable problème, les médias accordent une place démesurée à cette affaire et manque de recul. La peur est un sentiment contagieux et des parents n’ont pas tardé à s’inquiéter de la qualité de l’eau servie à leurs enfants, alors que cette même question n’était jamais posée par le passé, parole d’ancien.

Résumer les colonies de vacances à des catastrophes serait méconnaitre grandement le formidable vecteur d’éducation populaire qu’elles sont encore aujourd’hui. Apprendre à vivre ensemble, découvrir une région, prendre des risques pour grandir à son rythme sont autant de choses qui mériteraient d’être mises en avant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *