Quel enfant n’a jamais rêvé un jour de naviguer sur une embarcation de fortune, perdu dans les pages d’un roman de pirate ? Partir à la conquête des flots, surtout avec sa propre construction, est une aventure palpitante et souvent pleine de rebondissements.

Construire un radeau, un projet de groupe

Véritable projet pour un groupe de jeunes, bricoler une embarcation flottante demande un peu de temps et beaucoup d’imagination. Depuis des décennies, les enfants ont le désir de construire en utilisant leurs mains, de tester leurs idées, de prendre des risques. Fabriquer un radeau et le faire naviguer, c’est un peut tout ça.

Activité traditionnelle au sein des mouvements de scoutisme, elle se fait pourtant de plus en plus rare dans les colos généralistes et les accueils de loisirs. Manque de compétences, peur de l’accident, remplacement par des activités prestataires sont peut être autant de raisons pouvant expliquer ce délaissement. Mais les aspirations des enfants n’ont pas faiblis, bien au contraire ! Et alors que les désirs de création de radeau ne datent pas d’hier, un récent cadrage réglementaire permet de remettre à flot leur fabrication.

De l’idée à la réalisation

Pour débuter un tel projet, il est impératif de récupérer tout ce qui pourra assurer la flottabilité de l’embarcation. Bidon d’huile moteur chez le garagiste ou d’huile alimentaire chez un traiteur, bidon en plastique de produits ménagers, grosse chambre à air de tracteur (bien que de plus en plus rare)… Tout ce qui contient de un gros volume d’air et ne se perce pas trop facilement fera l’affaire. Les plus scientifiques pourront d’ailleurs aisément calculer le poids maximum supportable par le bidon choisi avant qu’il ne coule.

Une fois les éléments de flottabilité à disposition, il est nécessaire de bâtir la structure de l’embarcation. Elle aura globalement deux fonctions principales : fournir une plateforme pour les passagers et permettre le maintien des bidons. C’est sur cette base qu’il faut réfléchir à une forme (carrée, triangulaire, rectangulaire) ainsi qu’à une technologie de flottaison (monocoque, catamaran, trimaran…). Ces choix étant forcément liés aux matériaux à disposition, il peut être utile de dresser un rapide état des lieux de ce qu’il est possible d’utiliser (palettes, tasseaux, planches…).

Le radeau en cours d'assemblage sur la place.

Le radeau en cours d’assemblage sur la place.

Au cours de la phase d’ingénierie, il faut également s’interroger sur le mode de propulsion du radeau. Si se laisser dériver au gré des courants est toujours possible, il peut être utile d’envisager un système plus efficace. Des rames à la voile en passant par un pédalier entrainant une hélice, tout est possible en fonction du matériel à disposition ! Un safran bricolé avec une planche pourra enfin servir à diriger le radeau dans la direction voulue. Il est alors indispensable de s’armer de crayon, règles et gommes avant d’aller chercher scies et marteaux.

Dès lors que le plan est validé, la réalisation peut débuter. Même si elle ne présente pas forcément de complexité particulière, il ne faut pas oublier de se poser la question du transport. Surtout si le radeau n’est pas construit directement au bord du plan d’eau qui servira pour sa navigation. Il peut être judicieux dans ce cas de prévoir un esquif démontable, afin de le transporter en véhicule ou avec une remorque.

A l’eau !

La dernière étape consiste bien sûr à mettre à l’eau l’objet ainsi construit, et à monter dessus (dans le cadre rappelé ci-dessous). Dans la majorité des cas, quelques ajustements seront à effectuer afin d’améliorer la flottaison, la propulsion, ou la maniabilité du radeau. Mais une fois parfaitement optimisé, il pourra servir à partir explorer des berges inaccessibles, à pêcher au milieu d’un étang ou à servir de moyen de franchissement d’un cours d’eau pour un grand jeu d’aventure !

Point sur la législation applicable

L’arrêté du 25 avril 2012 traitant de la pratique des activités physiques et sportives dans les ACM instaure une activité « radeau et activités de navigation assimilées ». L’utilisation d’un radeau mu à la force humaine est donc possible en respectant quelques règles simples :
– L’activité doit se dérouler sur un plan d’eau ou une rivière calme, voire en mer calme et sans vent dans la bande des 300 mètres (mais il est alors nécessaire de faire très attention aux courants) ;
– Le taux d’encadrement minimal est fixé à un animateur pour 10 participants ;
– Le ou les encadrants doivent être majeurs, diplômés au minimum du BAFA, et savoir nager (pas d’obligation de présence d’un surveillant de baignade tant que l’activité n’est pas accompagnée d’une baignade) ;
– Les enfants doivent disposer de brassières de sécurité et de chaussures fermés ainsi qu’avoir réussi un test préalable à la pratique des activités nautiques (réalisé sans brassière de sécurité).

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